Risques n° 125

Mars 2021

N° ISBN : 978-2-35588-096-4

Risques et solutions – Les grands événements sportifs, quels risques ?

Olivier Porte et Laurent Cellot, L’assurance des grands événements sportifs

Les grands événements sportifs ne font pas exception à l’émergence de nouveaux risques tels que le cyber-risque, les risques d’image, les crises sanitaires ou terroristes ; menaçant régulièrement d’annulation ou de report les plus grandes compétitions sportives de la planète. Plus que jamais, la gestion de risque de ces événements est devenue un enjeu majeur pour leur existence, l’assurance étant le principal instrument financier de transfert. Le particularisme de ces « entreprises à durée déterminée » contraint à des stratégies d’assurance spécifiques, tout en faisant appel à des branches relativement traditionnelles. Fortement éprouvée au cours de ces derniers mois, l’assurance annulation, en constante innovation, a démontré toute sa légitimité en indemnisant les pertes d’exploitation sans dommage direct des organisateurs, conséquences des annulations ou reports des grands événements dus à la seule pandémie de Covid-19.

Edouard Calero, Méga-événement sportif et assurance : un Euro 2020 unique

L’Euro 2020 – qui se déroulera en juin et juillet 2021 en raison de l’épidémie de Covid-19 – constituera une compétition unique dans l’histoire des méga-événements sportifs. Les assureurs et les gestionnaires de risques vont collaborer pour faire face aux nouveaux enjeux et garantir le succès de la troisième plus grande manifestation sportive planétaire. Cet article, inspiré du second meilleur mémoire d’assurance en France, en 2019, expose la clé d’une coopération réussie.

Patrick Vajda, Les Jeux olympiques ou la malédiction de quarante ans !

Un spécialiste de l’analyse des risques peut-il parler de malédiction ? Certes non, mais regardons : JO de Tokyo, 1940, (déjà) annulés pour cause de guerre ; JO de Moscou, 1980, boycottés par les plus grandes nations olympiques ; JO de Tokyo, 2020, reportés à 2021 pour cause de Covid-19. Attendons 2060 ! Voici, en quelques lignes, « mon » histoire des risques et des assurances des Jeux olympiques.

Luc Arrondel et Richard Duhautois, Un club de football ne meurt jamais !

Le football professionnel français traverse aujourd’hui une période financièrement délicate : aux conséquences de la pandémie s’est ajoutée la défection de son principal diffuseur, Mediapro. Certains observateurs prédisent la faillite pour de nombreux clubs. Mais ces « entreprises » en difficulté vont-elles disparaître ? L’histoire nous apprend que les clubs de football sont parmi les « affaires » les plus anciennes et durables qui soient : « ils ne meurent jamais ».

Marie-Doha Besancenot, Le sport, meilleur allié du rayonnement de la marque

Forte de son expérience de plusieurs décennies dans l’accompagnement du sport, Allianz s’est engagée ces dernières années dans des partenariats à très forte visibilité, qui culminent dans l’annonce récente d’un partenariat mondial de neuf ans avec le Comité international olympique. Quels sont les moteurs d’un tel mécénat d’entreprise durablement tourné vers l’écosystème du sport ? Sous les actifs de marque spectaculaires que sont les stades et les anneaux olympiques, il faut prendre en compte une multitude d’initiatives pensées pour converger dans une politique de soutien à l’ensemble de la chaîne du sport, du sport professionnel au sport amateur, aujourd’hui très affaibli par la crise sanitaire. Pour l’entreprise, les défis sont de taille : comment engager collaborateurs et clients à la mesure des investissements consentis ? Comment inclure les enjeux incontournables de responsabilité sociétale, en faisant du sport un lieu d’exercice de sa mission sociétale, promotrice d’insertion et d’égalité des chances ?

André Renaudin, Qu’apporte le parrainage sportif à un assureur de personnes ?

Pour un assureur de personnes, le parrainage sportif se révèle être un levier de notoriété et d’image très pertinent. Contrairement aux idées reçues, il ne se résume pas à une opération opportuniste de communication. Sur la durée, le parrainage sportif incarne les valeurs d’un groupe auprès de ses assurés, met en scène ses expertises, soude ses parties prenantes et catalyse ses efforts en matière d’engagement sociétal. En s’inspirant des valeurs que le sport véhicule en soi, les assureurs peuvent repenser leur rôle dans un contexte réglementaire qui tend à l’encadrement de leurs activités traditionnelles. Les groupes de protection sociale (GPS), a fortiori, trouvent dans le sport une illustration concrète et tangible de leur positionnement sociétal et de leurs engagements.

Analyses et défis – Le droit du travail, rupture et continuité

Jacques Barthélémy et Gilbert Cette, Le droit du travail, une mutation inachevée

Le droit du travail est protecteur ou il n’est pas puisqu’il puise sa raison d’être dans le caractère déséquilibré de la relation entre le chef d’entreprise et le travailleur. Mais si la protection qu’il offre aux travailleurs dégrade l’équilibre macroéconomique et augmente le chômage structurel, cette fonction est dévoyée. Or, du fait de leur homogénéité sur l’ensemble des activités économiques, les normes légales du travail ne permettent pas nécessairement de trouver le meilleur équilibre entre les deux objectifs que sont l’efficacité économique (vectrice d’emploi) et la protection des travailleurs. Une logique de civil law peut être ici moins protectrice et efficace qu’une logique de common law.

Franck Wismer et Pauline Mureau, Le droit du travail, vers plus de flexibilité

Ce n’est pas la moindre des gageures que de tenter de synthétiser en quelques pages l’évolution du droit du travail en France et les principaux problèmes qui le traversent de nos jours. A l’heure où le droit du travail est adapté, quasi quotidiennement, pour pallier les effets de la crise de la Covid-19, d’aucuns contesteront qu’il s’agit d’un « droit vivant » évoluant au gré des crises, de la transformation des activités, de la modernisation, ou encore de la numérisation. En plus d’un siècle, il est une évidence de dire que les états d’esprit ont changé : le droit progressiste, visant à « substituer des rapports de droit aux rapports de force », a laissé place à un droit « pragmatique » sommé de s’adapter à une société mondialisée. Un aperçu de cette mutation majeure permettra de mesurer les principaux sujets contemporains en termes de relations individuelles et de relations collectives de travail.

Grégoire Loiseau, Les nouvelles trajectoires du droit du travail

Les nouvelles trajectoires du droit du travail désignent les évolutions majeures de la norme sociale à l’époque contemporaine. C’est la conception de la norme qui change : la norme légale d’ordre public demeure, mais elle doit composer avec des normes collectives pensées comme des normes de proximité pour s’adapter aux besoins des entreprises. C’est aussi le sens de la norme qui se modifie : sans cesser de protéger la partie faible, le droit se préoccupe de la personne du travailleur, dont il garantit le respect, et n’hésite plus à soutenir les intérêts des entreprises en instituant des règles qui les servent directement.

Emmanuel Joffre et Vincent Guerry, Une évolution heureuse du droit du travail

Loin des stéréotypes, le droit du travail français poursuit sa transformation. Cette évolution marque en profondeur, et depuis désormais de nombreuses années, la vie quotidienne des entreprises, des salariés et de ses praticiens. S’il reste le droit du lien de la subordination entre un employeur qui rétribue et un salarié qui réalise une activité, il s’adapte aux différentes dimensions de notre société. Nous allons voir comment.

Amaury de Hauteclocque, L’harmonisation des statuts dans un groupe mutualiste

Depuis sa naissance, en 1999, le groupe Covéa n’a cessé de se transformer et de multiplier les synergies entre ses marques – MAAF, MMA et GMF – afin d’offrir le meilleur service à ses sociétaires et clients. En 2003, le pilier institutionnel du groupe est créé avec la constitution de la première société de groupe d’assurance mutuelle (SGAM) à voir le jour en France. En 2012, c’est au tour du pilier économique et financier, avec la création de Covéa Coopérations. La signature le 14 juin 2017 d’un statut ressources humaines commun à l’ensemble des collaborateurs constitue le troisième pilier – pilier social – du socle sur lequel Covéa s’appuie pour accélérer son développement. Véritable enjeu stratégique pour Covéa, le statut commun a montré, une nouvelle fois, sa pertinence et son efficacité durant la période de crise sanitaire que nous traversons ; son intérêt n’en est que renforcé.

Myriam El Khomri, Le monde du travail d’après

Un travers très humain conduit chaque époque à se persuader qu’elle vit des mutations inédites, des ruptures historiques, des « révolutions ». C’est somme toute assez logique, chaque époque étant par définition unique, a fortiori aux yeux de ses contemporains. Pourtant, reconnaissons-le, toutes les époques ne pèsent pas d’un même poids, les guerres notamment comptant double et sans doute même bien davantage pour ce qui est de nos deux guerres mondiales, qui ont transformé tout à la fois nos représentations du monde et nos organisations collectives. Qu’en est-il de la pandémie de Covid-19 sur l’évolution du droit du travail ?

Louis-Charles Viossat, Quel droit du travail face à la plateformisation des emplois ?

Le travail et l’emploi connaissent des évolutions rapides et profondes. La mutation des processus de production est allée de pair avec des transformations profondes du marché du travail et du droit du travail. On a notamment vu se développer de grandes plateformes d’emploi mondialisées et, plus récemment, le télétravail. Ces plateformes d’emploi font l’objet de vifs débats pour savoir si elles incarnent une forme moderne d’emploi ou une forme renouvelée d’exploitation. En tout état de cause, même si elles ne représentent encore aujourd’hui qu’un marché de niche, des évolutions du droit du travail sont sans aucun doute nécessaires afin de clarifier la relation.

Emmanuelle Barbara, Gérer les évolutions récentes du droit du travail

La traversée de la pandémie en cours – dont la fin est encore incertaine – a constitué un laboratoire d’expériences total pour la matière juridique, et notamment le droit du travail. La période a été féconde en textes servant à organiser le désordre provoqué par la crise en créant des dérogations ou exceptions, et à élargir l’accès à des aides substantielles. Au-delà d’une cure d’amaigrissement des textes à envisager pour l’avenir, il faudra se connecter à l’époque en tenant compte des tendances que la crise aura révélées.

Jean-Olivier Hairault, Les réformes du droit du travail : une logique et des limites

Depuis plus d’une décennie, le droit du travail évolue en France pour se rapprocher du modèle social scandinave de la flexisécurité : davantage de droits attachés aux salariés indépendamment de leur poste ou statut pour sécuriser leur parcours professionnel, moins de textes réglementaires qui s’imposent aux décisions prises au niveau de et par l’entreprise. On ne peut en effet comprendre les évolutions de la législation du marché du travail sans ce basculement idéologique de la haute fonction publique et des partis de gouvernement en faveur du modèle scandinave, paré à partir du milieu des années 2000 de toutes les vertus : celles de mieux accommoder un monde économique marqué par la destruction créatrice schumpétérienne, permettant à la fois croissance économique et progrès social dans un monde soumis aux turbulences technologiques.

Etudes et débats

Pierre Martin, Le risque de perte de mémoire

Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire Samuel Paty est assassiné par un islamiste à côté du collège où il enseignait. Le terroriste a tué l’enseignant parce qu’il avait simplement fait son métier d’historien : comprendre le présent par la médiation du passé, en l’occurrence enseigner la liberté d’expression et la laïcité. Le présent papier s’intéresse au risque de perte de mémoire du point de vue de l’historien praticien, pas du neurologue, du psychanalyste ou du philosophe. Quels sont les enjeux d’une perte de repères historiques pour une nation et ses citoyens ?

Arthur Charpentier, Une mesure ne peut être un objectif

Comme l’a énoncé Marilyn Strathern, la loi de Goodhart dit que « lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure ». Les applications économiques sont nombreuses, en particulier en gestion des risques, mais cette loi permet aussi de comprendre les dangers des décisions algorithmiques, ou d’expliquer la difficulté à utiliser les données disponibles depuis le début de la pandémie de SARS-CoV-2 Covid-19, afin de modéliser l’évolution et la diffusion, et de mettre en place des politiques publiques appropriées.

Laurent Barbagli, L’innovation technologique au service de la gestion des risques

Tous les acteurs du marché de l’assurance sont conscients qu’il est temps d’exploiter toutes leurs données internes et externes pour mieux couvrir les entreprises et tarifer leurs assurances. Pourtant, beaucoup sont freinés par les difficultés à bien cadrer au préalable le champ des possibles. Ceux qui réussissent savent fonder en amont une alliance authentique entre les métiers du risque et les compétences technologiques et de valorisation des données, et délivrer rapidement de la valeur sur des premiers cas d’usage métier. Sur ces bases, l’innovation technologique et des données va s’accélérer en développant et en industrialisant des solutions de data science : c’est indispensable pour répondre rapidement à l’absence de profitabilité de la plupart des assureurs d’entreprises et faire face à la complexité croissante des risques.

Catherine Jagu et Patrick Viallanex, Règlement européen Disclosure et assurance

En 2021, la durabilité deviendra une réalité pour les acteurs financiers, notamment les assureurs, qui devront communiquer sur le sujet à l’échelle de leur organisation, de tous les produits qu’ils commercialisent et des investissements présentés comme durables. En parallèle, deux projets importants aboutiront sur la standardisation des informations de la déclaration de performance extra-financière et sur le devoir de vigilance européen. Cet article a pour objet d’examiner la convergence des exigences de durabilité européennes vis-à-vis de tous les acteurs économiques.

Actualité de la Fondation du risque

Guy Meunier, Les politiques environnementales doivent tenir compte des biais comportementaux

Alors que la pandémie mondiale de Covid-19 a légèrement mis en pause, durant le confinement, certaines externalités négatives, notamment environnementales, liées à l’activité économique, elle constitue aussi un cas d’école intéressant pour étudier les motivations individuelles destinées à réduire les externalités. Des chercheurs se sont penchés sur ce sujet qui pourrait aider les autorités à instaurer des politiques environnementales plus efficaces.

Recension

Patrick Artus et Olivier Pastré, L’économie post-Covid par Daniel Zajdenweber
Joëlle Toledano, Gafa. Reprenons le pouvoir ! par Carlos Pardo
Christian Oyarbide et Jean-Pierre Daniel, La Sécurité sociale au cœur de la démocratie par Pierre Bollon