Le Monde de demain, quelle belle expression ! Chacun s’y plonge avec délice en imaginant que nous ne sommes que dans une période de transition écologique, numérique, géostratégique avec des formes de loisirs et de travail totalement transformées en cette période de pandémie.

Ce numéro de Risques nous remet les pieds sur terre. Tout y est analysé à travers les ruptures nécessaires et incontournables, mais en se rappelant que les sorties de crise sont longues, dures pour certains et pleines d’opportunités pour d’autres. Tout est tentative de trouver un équilibre subtil entre le passé et l’avenir, ne pas détruire, ne pas désespérer. C’est en cela que l’interview de Laurent Berger est si importante. Il est, comme chacun sait, le responsable de la première organisation syndicale française et dans une configuration qui le conduit à associer exigence et réalisme. On se souvient de ses prises de position sur la réforme des retraites où il affirmait son soutien à un régime universel par points, tout en soulignant les difficultés de sa mise en œuvre. Et s’il fallait retenir une citation de son interview, c’est sa réponse à notre question sur le capitalisme responsable : « Si besoin était, la pandémie a confirmé l’utilité du dialogue social. »

Dans ce monde en pleine transformation, l’assurance joue un rôle essentiel. Nous l’avons beaucoup dit à propos de l’assurance pertes d’exploitation, en rappelant à tous que les réseaux d’assureurs étaient évidemment les plus proches des entreprises – notamment des petites et moyennes entreprises –, et donc de leurs comptes d’exploitation.

Il était très difficile d’imaginer un dispositif rétroactif, mais les solutions proposées devront voir le jour dans des dispositifs où secteur privé et secteur public se coordonnent et coopèrent. Le rôle de l’assurance est majeur dans ce loisir si fondamental pour tous que représente le sport, tout particulièrement dans les grands événements qui sont produits à l’échelle du monde ou d’un continent. En pleine pandémie nous nous demandons si tel ou tel événement aura lieu, dans quelles conditions, et quelle protection assurantielle sera proposée aux organisateurs. Cette interrogation prend tout son sens aujourd’hui mais elle restera d’actualité dans un siècle où l’on nous promet une succession de crises sanitaires. Pour renforcer encore cette alliance intime entre l’assurance et le sport, notre rubrique « Risques et solutions » montre que nombre d’événements sportifs, d’équipes nationales ou d’individus sont soutenus financièrement par des assureurs soucieux de rappeler leur place dans la société.

Mais là où l’équilibre évoqué précédemment entre le changement et le poids du passé est le plus évident, c’est bien sûr en matière de droit du travail. En neuf articles, cette évolution très significative dans le pays est traitée de manière quasi exhaustive. Il est intéressant de rappeler qu’il a beaucoup évolué – contrairement à ce que certains pensent – dans les toutes dernières années mais que d’immenses tâches demeurent devant nous, tout simplement parce que le travail lui-même va être soumis à des bouleversements jusqu’alors inconnus. Comment gérer le télétravail, quelle que soit l’importance qu’il prendra dans les années à venir ? Comment réguler les employés des plateformes numériques et, plus globalement, comment recréer dans l’entreprise une communauté de travail adaptée aux préoccupations et espérances de notre siècle ?

Ce numéro de Risques évoque tous ces sujets, avec l’espoir que ces analyses approfondies permettront sur un sujet aussi délicat de trouver les moyens ou les voies vers plus d’efficacité mais également plus de reconnaissance. Nous avons essayé, au moment où tout paraît incertain, de bien situer les limites de ce qui sera changement et de ce qui sera continuité. L’avenir nous dira si nous avions imaginé le bon équilibre.