Le financement de la protection sociale est une question centrale. Il pèse dans les finances publiques par le poids des déficits et notre incapacité à en contrôler la trajectoire ; il pèse aussi dans les débats parce que la protection sociale interroge profondément les valeurs de solidarité et d’équité qui font sens et lien pour notre société.
Aussi la rubrique « Risques et Solutions » de votre revue a-t-elle choisi de revenir sur la question de l’assurance santé et plus particulièrement sur l’articulation entre assurance maladie obligatoire (AMO) et assurance maladie complémentaire (AMC). Rappelons qu’aujourd’hui, le financement de la santé provient de la Sécurité sociale pour 80 %, des assurances complémentaires pour 13 % et d’un reste à charge des individus pour 7 %.
Au crédit du système, le reste à charge est en moyenne l’un des plus faibles dans le monde, mais il se caractérise par une réelle volatilité, notamment pour les patients atteints de maladies graves avec complications. En revanche, le système est complexe et, dans le contexte de la transition démographique actuelle, les acteurs AMO et AMC rencontrent de grandes difficultés dans son pilotage et dans son financement, de telle sorte que la nécessité de le transformer pour l’améliorer s’impose à tous.
Par-delà les débats idéologiques et les postures politiques, il semble acquis que certaines caractéristiques fondamentales de l’assurance maladie doivent être maintenues, à savoir : bâtir un système solidaire, mutualisé, mixte (AMO et AMC), et qui limite le reste à charge.
Les articles de cette rubrique dessinent plusieurs pistes.
La première conviction est que des réformes purement paramétriques ne suffisent pas et qu’il faut s’attacher à rendre efficiente l’articulation entre ce qui relève de l’AMO ou de l’AMC. Pour cela, le législateur et les parties prenantes se doivent de procéder à une analyse détaillée du fonctionnement du système en tirant parti des enseignements des expériences passées, comme la mise en place du 100 % santé. La lutte contre la fraude, qui est une priorité essentielle, doit se faire dans un cadre assoupli mais respectueux des questions de gestion des données personnelles.
Le programme est vaste et technique mais absolument indispensable à la pérennité d’un système qui reste l’un des fondements de notre société. Sa réussite suppose que chaque acteur soit à la hauteur des enjeux. Bonne lecture.
