Il n’y a jamais de coïncidence fortuite et ce numéro de Risques en est l’illustration parfaite. En effet, ce numéro est fondamentalement consacré aux transformations et contraintes que peuvent connaître aujourd’hui la croissance mondiale et son évolution. Inutile de dire que la crise sanitaire que nous avons connue et ses terribles conséquences ne vont faire qu’accélérer les transformations très profondes que nous avions déjà entamées.

On y analyse ce qui constituera le socle économique des années qui viennent, et ce, à travers le rôle particulier qu’y joueront l’industrie et l’assurance, notamment dans un certain nombre de secteurs d’activité. Plus précisément, il s’agit de l’importance que prennent les formes nouvelles de mobilité que nous allons connaître, notamment le transport aérien, mais également de cette ambition si forte de redonner un caractère plus respectueux des contraintes environnementales et sociales à nos sociétés. Nous avons aussi introduit un débat, central à nos yeux, consacré à l’existence désormais permanente de tensions géographiques au niveau mondial et à l’impact que cela peut avoir sur bien des domaines, notamment celui des matières premières.

Toute notre ambition est d’avoir souhaité décrire la réalité et l’impact des trois grandes transitions auxquelles le monde est désormais confronté : la transition technologique, la transition démographique et la transition environnementale. Dans cette démarche, ce qui nous est apparu très stimulant, c’est le fait que ces transitions font apparaître de nouveaux risques, et c’est donc leur appréhension et les solutions qui peuvent leur être apportées qui ont été au cœur de notre analyse.

Dans son interview, la présidente de la Fédération française de l’assurance balaie tous les domaines d’intervention de l’assurance en mettant en valeur, d’une part l’apparition de nouveaux risques ou le renforcement de l’évolution des risques existants, et d’autre part le fait que l’assurance est au cœur du développement économique.

Les autres rubriques, « Risques et solutions », « Analyses et défis » ou « Études et débats », se situent dans la même perspective, celle de faire émerger ce qui apparaîtra, pour les années qui viennent, comme la rupture avec la trajectoire de l’économie mondiale passée et la volonté de créer des perspectives nouvelles.

C’est ainsi que notre revue rejoint la période que nous vivons. Dans l’interview, nous avons évoqué le coronavirus, mais nous n’étions alors qu’aux prémices de l’épidémie. Il nous faut désormais en voir toutes les conséquences économiques et percevoir la manière dont tout cela pourra influer sur les négociations que nous aurons sur la régulation européenne de l’assurance. De même, les tout nouveaux conflits géostratégiques sur les énergies fossiles entre la Russie, l’Arabie saoudite et les États-Unis – les trois grands producteurs – structureront sûrement à terme les équilibres économiques mondiaux, et peut-être accéléreront ce rêve d’un monde moins carboné. Ceci nous concerne à travers l’évolution du risque aviation et évidemment de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Enfin, un peu partout dans le monde développé sont apparues de violentes tensions sociales liées à la perception des inégalités et à la perte de sens d’une croissance parfois aveugle. C’est en cela que la RSE et, en France plus particulièrement, l’apparition de ce concept de « raison d’être » sont prémonitoires d’un avenir que nous souhaitons meilleur. Par ailleurs, l’investissement RSE jouera évidemment un rôle majeur dans la stratégie de gestion des actifs des assureurs.

Ce numéro de Risques est ancré dans ces moments difficiles mais il est également porteur d’espoir.