En ce début d’année, l’Europe, sûrement, et les États-Unis, peut-être, sont à la recherche d’une nouvelle logique de croissance.

Les volatilités constatées, tant sur les marchés financiers qu’au niveau des activités productives, sont le signe d’une extrême difficulté à reconstruire des équilibres et à repenser des régulations et des incitations. En un mot, il nous faut replacer le monde sur une trajectoire de croissance soutenable.

Et pour définir cette action, le terme qui convient est malheureusement un anglicisme, le « fine tuning ». On l’observe aujourd’hui, lorsque chacun réintroduit dans le vocabulaire politique européen le mot de « croissance », qui avait été abusivement exclu au seul motif d’un impératif de réduction de la dette.

Tout doit être mesuré intelligemment, conçu et mis en œuvre avec le souci d’éviter les chocs dont les effets pourraient être particulièrement négatifs. C’est toute la particularité de ce numéro de Risques que d’avoir exploré de manière très approfondie les voies nouvelles de ce que l’on pourrait appeler le « risque management » étendu aux domaines d’action tant microéconomique que macroéconomique.

Sur ce point, l’interview de Mme Danielle Nouy (Secrétaire général de l’Autorité de contrôle prudentiel) est particulièrement éclairante. L’objectif explicite de ce contrôle est d’éviter toute crise systémique sans pour autant priver les économies européennes de sources de financement dont elles ont cruellement besoin.

De même, le risque opérationnel, si délicat à appréhender, doit être abordé avec le même souci de rigueur de définition et de méthode de gestion. Le dossier qui lui est consacré doit être une véritable première dans l’analyse des méthodes de gestion de ce type de risques dont on a pu, notamment dans le cas du système bancaire, réaliser à quel point il pouvait être destructeur de valeurs.

Avec la même ambition d’exhaustivité, nous avons, pour le dossier « Vieillissement et perspectives de croissance », réuni un ensemble d’interventions autour de l’impact du vieillissement sur le fonctionnement de notre société et du regard positif que l’on peut porter aujourd’hui sur le choc démographique. Cela suppose en tout état de cause que les décisions prises par la puissance publique soient adaptées à la transition démographique que nous connaissons. Sur ce dernier point, il est à noter, comme nous le montre ce dossier, que la France est une exception du fait de son dynamisme démographique.

Bien entendu, les nombreux thèmes liés à la période mouvementée que nous traversons ne sont pas tous évoqués ici, mais nous avons souhaité souligner, à travers ceux que nous avons traités, l’absolue nécessité d’adopter une nouvelle démarche intellectuelle mieux en accord avec notre nouvel environnement.