Jamais fin d’année ne fut marquée, comme celle-ci, par autant d’incertitudes nées d’abord de la dégradation, au début du mois d’août, de la note de la dette souveraine américaine. Ceci a définitivement créé un trouble sur les obligations d’État, tout simplement parce que nul ne peut raisonnablement imaginer que les dettes publiques de la première puissance du monde ne soient pas remboursées.

L’incertitude pèse également sur la conjoncture économique car personne, là aussi, n’a imaginé un ralentissement de la croissance aussi brutal. C’est cela qui rend l’année 2012 si inquiétante.

Enfin, la crise européenne a souligné de manière quasi caricaturale la difficulté de nos pouvoirs publics à se protéger des chocs actuels et à bâtir des solutions novatrices et pérennes. C’est dire si cette concentration de difficultés renforce le besoin absolu que nous avons de rigueur, de méthode, d’acceptation des ruptures et de capacité à imaginer des équilibres mondiaux nouveaux.

Ce numéro de Risques tente d’apporter aux lecteurs un regard adapté à cette conjoncture si surprenante. L’interview d’Étienne Caniard, président de la Fédération nationale de la mutualité française, est au cœur des réflexions que nos sociétés doivent avoir sur l’évolution de nos systèmes de protection sociale. Il nous confie avec une très grande liberté de ton sa vision de ce que pourrait être le rôle des mutuelles dans le développement, la gestion et la régulation des systèmes de santé. Sans nul doute, la croissance des dépenses de retraite et de santé sera au centre des débats des mois à venir, tout simplement parce qu’elles sont la traduction du vieillissement de notre société.

De la même façon, nous avions l’habitude d’évoquer les risques pays. Ce type d’analyse accompagnait les décisions de financement public et privé depuis des décennies. Aujourd’hui, comme l’exprime joliment Jean Pisani-Ferry, nous assistons « au réveil des démons » 1, et les dettes souveraines sont l’objet de toutes de nos angoisses, de manière peut-être quelque peu exagérée. Dans ce champ de réflexion, les assureurs, momentanément protégés, se retrouvent désormais en première ligne.

Enfin, nous avons souhaité évoquer un thème plus souriant, car plus proche de nos loisirs : celui du sport, plus particulièrement du sport de haut niveau, et des conditions de protection que peut lui fournir l’assurance. Les articles consacrés à ce sujet si original ne manquent pas de surprendre.

Ce numéro est donc plongé dans la réalité d’une société soumise à de nombreux chocs, à de multiples transformations, mais, espérons-le, promise à un nouvel avenir.

Note

1 Le réveil des démons, la crise de l’euro et comment nous en sortir, Jean Pisani-Ferry, Fayard, 2011