Quinze ans après le 11 septembre 2001, le terrorisme islamique est devenu une réalité quotidienne et mondiale. Il y a plus d’un attentat par jour en janvier 2015. Depuis Paris et San Bernardino, ces attentats sont en quelque sorte d’une autre nature. Ils frappent tout un chacun partout dans le monde, sont le fait d’individus insoupçonnables ou difficilement identifiables et s’appuient sur les technologies nouvelles.

Pour comprendre cette nouvelle réalité du terrorisme, François-Xavier Albouy cherche à caractériser par la disruption technologique la réalité du nouveau terrorisme et examine les différences en termes d’analyse des risques et donc en termes de politiques assurancielles posées par cette nouvelle réalité qui est un effet direct de la modernité.

Michel Zajac explique les conséquences à court terme des attentats sur l’économie, et à moyen terme par les modifications des comportements des acteurs publics et privés. C’est justement ce que retient Jacques Pelletan, qui s’interroge sur les capacités de l’analyse économique à comprendre le phénomène du terrorisme. De cette incompréhension naissent des réactions politiques et économiques qui peuvent aggraver le problème. Il montre ainsi que la lutte contre le terrorisme est avant tout un choix politique.

Philippe Séphériadès détaille les avancées en matière de modélisation des risques qui se développent depuis 2001, et montre comment les calculs d’exposition permettent de calculer une prime et de conduire à des politiques de prévention.

Risques rappelle ensuite ce qui a été mis en place en France avec le Gareat – et qui est assez exceptionnel. Bernard Durand explique les détails de ce mécanisme particulier et François Vilnet analyse, avec beaucoup de précision, comment les couvertures doivent évoluer vers une plus grande unification internationale pour résister à un phénomène mondial. Laurent Montador revient sur le rôle du réassureur public face aux grands risques comme le risque terroriste.

Gilles Bigot met en évidence l’efficacité du plan blanc et souligne la motivation et l’engagement des personnels hospitaliers dans la réponse aux attentats de novembre 2015 à Paris. Tandis que Valéry Denoix de Saint Marc et Alexandra Cohen-Jonathan étudient l’indemnisation des victimes suite à l’attentat contre le vol DC-10 d’UTA et la mise en place du FGTI, et détaillent comment faire évoluer ce fonds d’indemnisation pour l’adapter aux réalités du terrorisme actuel.

Enfin, sur cette idée d’une assurance mondiale contre les attentats, Pierre Martin montre qu’elle est en fait née de la Seconde Guerre mondiale, qui marque l’origine d’une séparation entre la guerre d’une part, dont les dommages sont assumés par l’État, et l’assurance d’autre part, qui exclut les risques de guerre mais se soucie des dommages de ses clients.