L’année 2015 se termine dans un climat incertain. Entre la difficulté d’une véritable reprise économique mondiale, l’incertitude profonde que l’on peut avoir sur le dynamisme de l’activité dans de nombreuses régions et les tensions géopolitiques majeures qui traversent le monde, on pourrait presque parler d’annus horribilis. Et pourtant, comme toujours, certains signes incitent à croire en la capacité de rebond des uns et des autres, à commencer par cette heureuse décision de la Réserve fédérale des États-Unis consistant à redonner aux politiques monétaires une vraie rationalité, plutôt que de poursuivre cette course effrénée vers la création de liquidités. Mais surtout, il y a eu la COP 21 et cet espoir formidable que nous pourrions reprendre en main notre destin.

Avant tout, ce qui compte, c’est la faculté de définir, de décrire et de préciser les risques qui nous menacent. Déjà, leur simple appréciation permet de clarifier les débats que nous souhaitons voir être lancés. Et c’est exactement ce que fait ce numéro de Risques, lorsqu’il traite des racines du terrorisme, de son histoire, de sa logique infernale, avec l’interview du grand criminologue Alain Bauer.

C’est également le cas lorsqu’on traite des risques urbains et des différentes facettes du risque climat si souvent évoqué et si rarement approfondi. Nous savons que la majorité de la population dans les décennies à venir vivra dans des mégalopoles. Mais nous n’imaginons pas encore ce que cela peut signifier en termes de sécurité, de qualité de l’air, d’approvisionnement de toute nature, en un mot de vie.

À la lecture de ce numéro 104, on peut y voir le pire et le meilleur : la complexité de la lutte contre le terrorisme, mais également une meilleure compréhension de ce que seront nos vies de citadin ou encore la volonté de lutter contre les dégâts d’une dégradation du climat. Quel rôle jouera l’assurance dans ces nouveaux développements du risque ? On peut évidemment penser que bien des réponses relèveront plutôt du caractère réglementaire ou politique, mais il n’empêche, notre industrie sera, comme toujours, au cœur de la réflexion et de l’action. C’est là tout l’intérêt de ce débat que nous avons lancé sur le nouveau capitalisme de l’assurance. En effet, le financement de notre secteur va évoluer de manière très significative, au point qu’on peut parler de rupture dans son mode de fonctionnement. En définitive, rien n’est résolu aujourd’hui, mais ce premier regard rigoureux et précis sur les risques majeurs du XXIe siècle est une étape importante dans la volonté de les contrôler, de les maîtriser et d’en limiter les dommages.