L’actualité est souvent cruelle et jette en pâture des drames que la vie réserve à nos sociétés : déraillements, naufrages, crashs. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de constater que ce qui apparaît comme l’un des services rendus aux uns et aux autres le plus sûr, soit parallèlement synonyme de drame.

Et pour nous, les assureurs, l’assurance est au cœur même de son histoire, puisque c’est bien la mutualisation des grands transports de marchandises qui a permis aux économies de marché de se développer, de croître et de créer les différentes formes de capitalisme.

Au-delà des aspects techniques, tout cela met l’analyse du risque de transport au cœur de la science et de la philosophie de l’assurance, et toute progression dans ce domaine permettra aux économies de progresser et à la croissance de se revivifier. L’interview de Pierre Mongin est sur ce point passionnante car elle aborde les deux volets évoqués : celui de la couverture du risque, mais également celui du développement ; et, en les reliant, il souligne à quel point son entreprise est un exemple parfait de la modernisation du service public.

Nous avons également voulu évoquer l’assurance dans ses racines les plus profondes. Mais, dans une temporalité très différente, puisque nous qualifions le risque de réputation comme étant le mal du siècle. A travers cette description qui concerne tous les domaines d’activité humaine, nous voyons bien que nous évoquons tous les acteurs majeurs de la société contemporaine (médias, politiques, faiseurs de marques et faiseurs de réputation). Rien n’est plus instantané, volatil, incernable que ce qui explique à un moment déterminé que le regard que l’on pose sur un objet, un service ou un individu se modifie.

Peut-on l’assurer ? Sûrement pas dans sa globalité, mais ce domaine en friche nous réservera dans les années qui viennent bien des nouveautés, des possibilités et des éléments de solution.

Ce numéro de Risques est à la croisée de l’intemporel et de l’actuel, du phénomène de long terme et de l’instantané, voire de l’urgence. C’est souligner à quel point le risque – sa gestion et les solutions pour s’en protéger –, est bien au cœur, et cela depuis fort longtemps, des sociétés, même si sa forme se modifie en permanence.